Monday, June 15, 2009

Mon premier plan cul

Je m'en souviens comme si c'était hier. Une bien mauvaise expérience. Je n'arrêtais pas de clopper pour calmer mon anxiété, adossé au parapet au-dessus des quaies de Notre-Dame. J'matais les jolies filles parisiennes vêtues de collants et de petites jupes à carreaux, les touristes anglaises très blondes cachées par leur grosse lunette de soleil, les émigrés basanés à la peau moite qui discutent entre eux.

Je tapais nerveusement du pied sur le pavé encore brûlant de cette journée étouffante à Paname city. En contrebas, les pervers commençaient à s'affoler sur les quaies : quelques jupons s'envolent et ils ne sentent déjà plus leurs guiboles. Un peu plus tard dans la nuit, ils agiteront leur poireau dans un coin d'obscurité et sauveront encore ce soir leur âme d'un viol non consenti.

Tout à côté de moi, un couple s'embrassait à pleine bouche en prenant des clichés à une main. Tellement occupés à faire des ronds avec leur langue, ils gardaient le doigt appuyé sur le déclencheur de l'appareil photo. Je suis sur qu'on aurait pu faire un panoramique en trois dimensions avec la quantité de photos qu'ils avaient prises, si on avait voulu. Ils me dégoutaient. Ils me rappellaient sans cesse ce que j'attendais : un fuck friend, un ami de foutre qui acceptera peut-être d'engloutir mon pénis pour en extraire la sève (comme disait mon ex). Malheureusement, au vu des quelques photos glanées sur internet, j'étais terrifié de n'avoir aucun désir sexuel pour celle qui ne semblait plutôt être qu'une grosse truie en chaleur prête à se faire défoncer par le premier venu. Bon prince, j'ai quand même accepté ce rendez-vous galant (un café dans un troquet, une glace à St Michel et on s'enfile) par charité peut-être, par manque sexuel éventuellement aussi mais surtout pour parfaire mon pouvoir de séduction sur des victimes faciles. Et puis, je n'en demandais pas trop en attendant l'amour. Après m'être tapé une bombe sexuelle pendant un an et demi, je ne pouvais pas m'attendre à rencontrer la chaudasse à gros seins que j'espérais tant.

Les deux langues de boeufs à côté de moi partaient finalement et je commençais à me calmer. Je me rassurais sur la pénibilité des heures qui suivaient grâce à cette maigre compensation : avec un peu de chance, elle pratiquera l'anal. Je priais pour qu'elle ne m'emballe pas comme un cheval devant tout le monde pour que je puisse au moins garder la contenance intellectuelle que je m'impose, faute de me créer une image factice par mon apparence physique ; hormis celle du mec charmeur peut-être. La fin de l'anxiété laissa place à une légère tristesse emprunte de nostalgie : je me rappellais la douceur avec laquelle mon ex m'embrassait, classe et volupté, alors que je l'aurais égorgé si j'avais pu pour toutes les saloperies qu'elle s'est échinée à me faire. Ses lèvres me manquaient. Tout comme ses yeux, son cou, ses bras et tout le reste du corps d'ailleurs.

Plus loin devant moi à droite, les joueurs de tamtam continuaient à ne pas faire danser les touristes abrutis par le roulement permanent de la ville. Je les observais de loin, n'ayant pas grand chose d'autre à faire avec mes yeux à ce moment là. Ils tapaient inlassablement du bout des doigts, essayant à chaque instant de couvrir le bruit des voitures et de la fontaine alentour. Ils y arrivaient plutôt pas mal et je regrettais qu'ils ne transmettent pas plus leur énergie aux connards de badauds qui les snobaient pour leur provision de chez Starbucks ou Subway. Ils me donnaient soudainement envie d'une belle black sensuelle qui collerait son corps brûlant contre le mien et me ferait naturellement bander. Une noire qui m'apprendrait à faire l'amour sur des rythmes tribaux, en remuant fesses et bassin. Quelque chose de neuf quoi, quelque chose de bestial.

Derrière moi, sur les quaies, un rire ignoble vint m'arracher de mes rêveries. Le genre de rire strident, qui vous arrive comme un cri de sanglier derrière les fourrés. J'observais plus en bas, une jeune femme blonde, assez fade du reste, à moitié ivre dans les bras d'un homme qui la regardait d'un oeil brillant. Je les imaginais déjà copuler ce soir sur un lit en bambou, dans un appartement bohème du deuxième arrondissement. Je me disais qu'il avait de la chance d'avoir pu si facilement la saouler pour profiter d'elle. Mes tentatives se sont toujours avérées vaines et j'en tirais mes conclusions : c'est bien inutile de faire boire une fille qui a un niveau d'étude supérieur au bac, elles deviennent vite chiantes et prudes et ne se laissent pas facilement faire. C'est bien plus tard, en repensant à cette réflexion, que j'ai constaté le mysoginisme aigu dont je peux faire preuve parfois. Il émane lors d'un savant mélange de désir non assouvi et d'incompréhension des comportements d'autrui. Mais je me perds là.

C'est à ce moment là que je la vis, tout de blanc vêtu, comme dans un film en noir et blanc où même une ignoble robe jaune pisse passerait en blanc sur la pellicule, s'approcher de moi avec un sourire boudiné. Les photos n'avaient pas menti. Elle était radieuse sous son fond de teint et son mascara ; enfin j'imagine. Je la suivis à travers la foule. Et puis le reste, je ne m'en souviens plus, tellement j'ai du boire pour oublier ce moment...

Sunday, May 24, 2009

Je fais beaucoup de rêves étranges en ce moment. Pas un seul ne se ressemble. J'ignore si ce sont les médicaments ou le retour d'un état dépressif palpable.

Plus que jamais envie d'être en marge. Envie d'une copine qui voit la vie autrement. Envie de devenir alcoolique pour faire des trucs excessifs. Envie de ravaler la bienséance de tous ces gens. Envie de prôner un monde décadent. Envie de chanter les louanges de l'ultra libéralisme sexuel.

Monday, April 27, 2009

cheers

Quand cet enculé s'en est pris à ma copine, j'ai senti la colère me piquer la colonne vertébrale. Je voulais me la jouer façon nazi, lacérer sa peau jusqu'a ce qu'il ressemble à une pizza margherita géante.
Reconstituer le massacre rwandais sur sa gueule, lui enfoncer un barbelé dans le cul ou donner un coup de hache dans le long de ses cuisses étaient également des intentions louables. Les idées ne manquaient pas.

Cet espèce de fils de pute mérite de manger sa merde, de croupir dans le vomi de sa famille et de manger les membres en décomposition de ses amis les plus proches.

Saturday, April 25, 2009

Plongée dans une semi-obscurité, des raies de lumières se posent sur mes draps blancs dans lesquels je me love comme dans du coton. La lumière filtre à travers les rideaux à motifs années 50 et j'entrouvre un œil pour jauger l'intensité du jour. Je grimace de plaisir, j'ai encore pu dormir jusqu'à tard et je frotte ma tête contre l'oreiller plié en boule. Je me rendors.

A demi endormi, je tente vaguement de me rappeler de la veille mais la nébuleuse de l'alcool m'en empêche. Je patauge dans du lait tiède, incapable de m'extirper du sommeil psychédélique du petit matin. Je ne cesse de faire des rêves très étranges qui m'amusent et le spectre lumineux plus intense recouvre mon visage détendu.

Une première sensation de réalité percute mes sens lorsque j'entends la vibration maladive d'une machine. Puis mon haleine agresse mon odorat : je sens encore le goût fadasse des frites baignant dans l'huile de colza. Puis les lentilles de contact me piquent, ma vue me remercie de l'avoir négligée avant de me coucher. Se distinguent ensuite coups de maillets, de ponceuse, de voix d'hommes hurlant comme des bœufs décharnés à travers la nappe sonore de la machine infernale. Je soupire. Je me tourne et retourne mais le bruit extérieur ô combien mélodieux prend le pas sur les brumes de mon ivresse passée.

Je me lève d'un bond, me gratte les couilles à travers mon caleçon à la bière et avance à taton. Ouvrant le fenêtre, je profère un "ENCULE!!" d'une voie rauque et fatiguée puis me dirige vers la cafetière. Trois minutes plus tard, on sonne. J'ouvre, toujours à demi-nu. Un homme basané en bleu de travail se dresse devant moi et me demande de son plus bel accent :
-"C'est vous qui avez crié tout à l'heure?"
-"De quoi? Quand?"
-"Un collègue s'est senti insulté, un petit con aurait ouvert la fenêtre et crié à l'enculé. Il m'a dit que c'était ici."
-"Et bien mon cher monsieur, il se trouve que oui c'était bien moi. Vous me faites chier avec vos travaux de rénovation à la con, vous empêchez les étudiants bourrés de la veille de dormir. Écoutez, ce n'est pas parce que vous devez vous lever le samedi matin pour aller bosser qu'il faut le crier sur tous les toits. J'ai choisi de faire des études pour, à l'avenir, obtenir un travail qui ne me fera pas lever le samedi matin. Vous comprenez? Je sais que vous avez des conditions de travail difficiles mais ce n'est pas une raison pour mettre en route vos machines du diable de bon matin. Expliquez de ma part à votre employeur que vous ne voulez plus faire ce boulot parce que je m'en fous que l'immeuble d'à côté soit rénové, je le vois même pas! Dites lui qu'il y a des gens bien comme il faut ici et que s'il veut continuer à rénover, il va devoir trouver un outillage adéquat. La liberté des uns s'arrête où commence la liberté des autres, hein."
Le type resta interdit, tourna les talons et parti.

Thursday, April 23, 2009

Après des années d'errance intellectuelle, notre héros moderne attend que le monde s'écroule. Il se camoufle parmi les centaines de détritus. Il ne risque rien, les éboueurs sont en grèves, personne ne viendra le nettoyer.
Une allée sombre, de celles qui ont connu des viols et pire. A côté de lui, une poubelle verte. Son amie, mais aussi sa confidente, son glory hole et sa poubelle. De l'autre côté, des sacs poubelles noirs qui s'entassent remplis de mystères puants.
Dans cette allée, il jonche le trottoir comme une merde. Il sait qu'il n'est pas le seul mais il n'ose plus aller à la rencontre des hommes. Il a trop peur depuis qu'il a compris.

Il a tout vu, entendu et lu à propos du monde et de ses dédales. De ses expériences personnelles, il a tiré une vision violente et irrécupérable de la vie. Cependant il ne désespère pas. Il attend le grand jour, l'illumination divine. La flamme suprême qui réveillera sa race. Cela fait des années qu'il attend, il l'a imaginé plus de fois que l'on peut jamais imaginer être aller pisser dans une vie.
Il voit les corps s'enchevêtrer pour la plus grande parade nuptiale jamais vue. Un accouplement commun bestial dans des milliers de rue. Le grand revirement de l'humanité. Certains mourront de se trop-plein d'amour, d'autres deviendront stériles d'avoir trop vidées leurs bourses. D'autres encore suffoqueront de plaisir et dégueuleront de vitalité. D'autres feront des overdoses, s'étoufferont lors d'un coït buccal trop hardi. Du coït jusqu'à plus soif, des hectolitres de sueur dégoulinante à remplir les égouts, de la crasse.

Il doit encore patienter, écouter les masses gronder de leur ridicule petit orgasme le samedi soir. Il a tout vu, entendu et lu à propos de la libération des mœurs. Il sent l'air du changement vers l'ultra libéralisme sexuel mais ne peut pas prédire le grand glissement. De toute façon, personne ne le croirait. Alors notre héros moderne, 53 ans, continue de se palucher dans l'obscurité.

Saturday, April 18, 2009

Je survole l'Île-de-France et son océan de béton. En osmose plus rien ne me sépare, une simple fenêtre en plexiglas. 7h du mat défile ; je pense à toi bébé.


6000 km ou peut-être plus ou peut-être moins ne nous séparerons pas. Un frisson me parcourt l'échine, c'est ton sourire. Maintenant, pratiquement j'ai froid à force d'y penser assis dans ce train. Retour vers une ville que j'aime qui parait beaucoup trop violente sans toi.

Je veux me lover dans tes bras.



Saturday, March 21, 2009

La blogosphère a largement contribué à l'exacerbation de millions de moi, alors pourquoi pas moi?

Etre insignifiant, j'ai 21 ans et bien peu de qualités. Je suis ce que l'on appelle communément une merde.

Ce blog sera désormais l'apanage de ma flagellation publique, preuve de ma lente autodestruction.

- je suis une merde, donc je suis -

Ce rayon de clairvoyance m'a été révélé un jour de beau temps. J'ai tout d'abord cru à un rayon de soleil, caressant ma peau blafarde de parisien puis j'ai compris. C'était bien plus qu'un flux concentré de photons, c'était la vérité luminescente de ma maigre condition. Quasiment j'ai entrevu un visage sortir des nuages et s'adresser à moi en ces termes : "Tu es une merde Christopher, ne le vois-tu pas?" Quasiment.
En réalité, un clochard humant la vinasse bon marché s'est approché de mon moi, l'a frôlé du bout du doigt et m'a vociféré dans l'oreille : "Dis donc, t'aurais pas une pièce ou deux?" Je lui répondis que non, que mon argent ne servait pas à entretenir le budget publicitaire d'une quelconque marque de spiritueux, que je ne suis rattaché à aucun parti politique, bien malgré moi.
L'individu pesta et retourna cuver, j'étais sauvé. Cependant mon moi souffrit dans les heures qui suivirent et lentement, me plongea dans un état amorphe. Je commençais à me questionner, à réfléchir sur le sens profond de la requête du soulard mais je ne suis parvenu à aucune conclusion, hormis cette réflexion terrible et radicale : je suis une merde.